mercredi 30 avril 2008

LE PETIT PARDON

Le pardon. Aller au delà des pleurs, le coeur avec une flèche dedans. Aller au delà du passé, puisqu'il est passé. Ne pas se retourner puisqu'il me meurt. A chacun ses soucis, à chacun ses travers, on est ce que l'on est mais il en faut toujours un ou une pour aller au delà de ce que l'autre ne peut lui-même traverser. Il faut vivre avec ce que l'autre ne peut entendre, il faut vivre avec ce que l'autre vous renvoie, dans ses propos, dans ses attitudes, qui vous blessent. Toujours, il faut aller au delà.
Pas de haine. Pas de rancœur. Juste laisser glisser. Mais mes rapports avec ma mère sont si douloureux que la tâche n'est pas aisée. Il est une manière pour elle de vivre ses angoisses qui font que c'est l'autre qui en paie le prix. Je paie le prix de mes propres angoisses, de mes propres fausses culpabilités. Je les paie assez cher pour en assumer les siennes.
Maman, tu fais ce que tu veux. Je ne te demande plus rien. Je n'attends plus rien. Et tu ne me demanderas plus en échange de fêter la fête des pères.
Quand je pense que je me suis empêchée d'avoir des enfants pour ne pas reproduire des schémas familiaux, par peur d'être mère, peut-être, et même si j'ai eu cette joie si éphémère mais intense de porter la vie en moi, je ne veux plus avoir de regrets par rapport à ce qui aurait pu être et ce qui n'est pas. Je ne veux plus vivre de regrets, je veux porter mon regard sur ce que je peux faire de ma vie, et qui n'appartient qu'à moi. Je veux me pardonner ce que je n'ai pas su faire, le mal que j'ai réussi, par contre, à me faire. Comme je l'ai dit, cet après-midi, on fait ce qu'on peut. Si ce n'est le mieux, c'est ce qu'on est en mesure de faire. Les cartes sont entre mes mains. Je me laisse ce chemin qui me reste à faire, pour éprouver un peu d'amour envers moi-même.
J'ai la chance inouïe de recevoir l'amour et le soutien de personnes qui m'acceptent telle que je suis. Alors, je ne veux plus voir que cela, entendre ces mots que l'on me dit, et accepter les gestes d'affection que l'on me porte, les soutiens que l'on me donne, sans condition aucune. Merci à ces personnes, elles prouvent que l'humain peut être noble.

Continuons ensemble ce chemin, partageons ce que nous avons de meilleur, et parfois, le moins bon. Nos cœurs à l'unisson des multiples chemins que nous empruntons. Des bouts de jour, des brins de vie.
Entendez-vous battre ces cœurs ?

3 commentaires:

Sublime a dit…

Cela fait chaud au coeur de te lire..Que ton chemin soit désormais plus léger et serein :-)

gballand a dit…

Votre texte est touchant.
Ce "nous" que vous utilisez à la fin est de ceux qui sauvent.
Bonne journée

Cendra a dit…

Ben, pour le plus léger, faudra attendre un régime (lol), pour le plus serein, digérer ce que j'ai avalé (re-lol) !

@gballand

Merci. Le nous, parce que nous vivons sur une même terre, le nous parce que nous partageons, le nous, parce que tout seul, on n'existe pas, ce qui fait la richesse de NOS vies, c'est ce que nous échangeons avec les autres. Et je suis heureuse de partager avec vous !

Sublime, là il fait beau mais mon appart est un vrai souk, alors, un peu de rangement, ça lui fera pas de mal !
Hum, c'est vrai qu'il y a de belles vues de chez toi ! et là, on aurait pu manger sur la terrasse... on a oublié les roses !!!