lundi 21 avril 2008

GARE DU SUD : ENTRE AMOUR ET PASSION

Je ne suis pas une passionnée d'architecture, sauf au travers de mes photos, mais j'apprends, lentement, je ne suis pas une passionnée d'histoire, même si je trouve que son étude peut être passionnante, je ne suis pas une passionnée de politique, mais j'aime, modérément. Mais, s'il y a certains lieux qui me fascinent, qui m'interpellent, la Gare du sud en fait partie. Pourquoi donc ? Est-ce parce que, quand je suis arrivée sur Nice, dans le deuxième appartement que je sous-louais avec une artiste, je l'ai découverte pour la première fois sous les traits de l'art ?
Elle était étudiante à la villa Arson, elle était hollandaise, elle faisait prendre le bain à ses tortues naines dans la baignoire (berk!). Et un jour, elle m'a expliqué puis montré les photos de ce qu'elle faisait dans l'ancienne Gare du Sud. C'était pour son examen. Une sorte de rite asiatique, de papiers précieux de Chine qu'elle brûlait selon un certain "rituel" artistique et mystique. Des papiers dorés. Je me souviens vaguement de ces photos, des murs apparemment rouges (?).
Je rage de ne pas avoir ces photos aujourd'hui...

Ce que je sais, c'est qu'elle est l'œuvre de Prosper Robin (1884-1924), qu'elle fut achevée en 1892, qu'elle est dans la lignée architecturale de la gare du Nord, du même architecte.

Ce que je sais, c'est qu'elle a failli être détruite sous le mandat de Bailet, pour devenir un grand centre commercial (!), qu'elle a été sauvée grâce à l'action de l'opposition, entre autres, de l'action d'associations de quartiers qui ont obtenu de Catherine Tasca, à l'époque ministre de la culture du gouvernement Jospin le classement de la façade à l'inventaire des monuments historiques. Ensuite, si j'ai bien compris (...), Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la culture et de la communication en 2004 sous le gouvernement Raffarin, refuse la démolition de la gare, du bâtiment des voyageurs ainsi que la halle métallique en la faisant inscrire sur la liste d'inventaire supplémentaire des monuments historiques et propose «de constituer un groupe de travail chargé d’imaginer des solutions qui sauront concilier les impératifs d’aménagement urbains, de création architecturale et de conservation du patrimoine».

Lire l'histoire extraordinaire de cet étudiant en architecture : Mario Basso.

Voici ce m'ont inspiré les articles du Nice Matin du jour...

Je ne pouvais plus supporter l'état de délabrement dans lequel avait été laissée cette gare si magnifique, trace d'un passé que bien des hommes n'ont pu effacer au gré de leurs ambitions :



Cet immeuble est voué à disparaitre, aussi, je suppose ?



Souvenez-vous, il n'y a pas si longtemps !



Et maintenant :


Lu sur le blog de Christian Razeau :
"En 1993, la façade avait déjà été sauvée d’un permis de démolir, signé par le Maire Honoré Bailet, par l’intervention de Christian Estrosi avec l’aide du Préfet Destandeau, du Ministre Jacques Toubon ( dit le Niçois ) sous le gouvernement Juppé."

On en trouve la trace également sur le site de Marianne2 :
"Pour bâtir cette mégamairie, il faut bousculer l'ancienne gare du Sud, que le ministère de la Culture a classé, in extremis, aux Monuments historiques. Déjà, en 1989, Jack Lang avait provoqué l'ire de l'ex-maire Jacques Médecin en classant d'urgence la fameuse façade du palais de la Méditerranée... Et, en 1993, la gare du Sud aurait disparu pour laisser la place à un centre commercial si Jacques Toubon n'était intervenu."

Pour un petit train comme ça, je ferais n'importe quoi...

2 commentaires:

Fay a dit…

Moi aussi j'adore cette gare, je prends des photos chaque fois que je passe !
Je prépare aussi un billet sur le train des pignes, je suis née à Digne, de l'autre côté de la voie...
Bonne journée !

Anonyme a dit…

J'espère qu'ils en feront quelque chose de "respectueux", et j'espère qu'ils contribueront à la continuité de ce train des Pignes...
T'as toujours ton appareil photo sur toi ???

Cendra