mercredi 19 mars 2008

LE TIBET : DECHIREMENTS DE L'AME

Le Tibet, ce n'est pas l'Irak, il n'y a pas de pétrole, sinon des idées, c'est la spiritualité de tout un peuple qui est en cause. Mais, quand est-ce que cela deviendra la cause de l'ONU ? Faut-il plus de morts, ou doit-on les laisser sombrer dans l'oubli et dans un bain de sang ? N'y a-t-il donc rien à faire ? Moi je crois que oui.

Historique

Repères chronologiques
1949 : L’armée chinoise pénètre au Tibet.
23 mai 1951 : “L’Accord en dix-sept points” est signé à Pékin.
1959 : Le Dalaï-Lama s’exile ; une rébellion contre l’envahisseur chinois fait des milliers de morts.
1966 : La révolution culturelle est lancée. La majorité des monastères qui sont encore debout sont pillés et détruits, et des milliers de moines et de nonnes sont persécutés.
1989 : Le Dalaï-Lama est nommé Prix Nobel de la Paix ; des émeutes à Lhassa se terminent en bain de sang ; la loi martiale est déclarée.
1992 : Pékin lance un grand programme de “développement” du Tibet, et déplace ainsi de nombreux colons Chinois vers cette province. Il y a actuellement plus de Chinois que de Tibétains au Tibet (7,5 millions contre 6 millions).
1994 : Posséder une photo du Dalaï-Lama est interdit ; la répression est intensifiée.
2002 : Ngawang Sangdrol, prisonnière politique et l’une des “nonnes chanteuses” de la prison de Drapchi, est libérée !



Durant 1400 ans, de son unification à sa colonisation, le Tibet a été un pays libre et indépendant, respecté, et parfois craint par ses voisins. Ce pays a toujours possédé sa propre histoire et sa propre culture, que jamais personne n’avaient remises en question jusqu’en 1949. Depuis cette date, le Tibet est illégalement occupé par la Chine, et le Dalaï-Lama, chef politique et spirituel du Tibet, et prix Nobel de la Paix 1989, vit en exil...

Unification au VIIe siècle
L’histoire du Tibet commence en l’an 127 ap. J.C, avec l’établissement de la dynastie Yarlung. Cependant, ce n’est qu’au VIIe siècle que le Tibet est unifié, sous le règne de Songtsen Gampo ses successeurs. S’en suivirent trois siècles durant lesquels le Tibet fut l’une des plus grandes puissances d’Asie. Un traité de paix fut même signé avec la Chine, proclamant que “les Tibétains seront heureux au Tibet, et les Chinois seront heureux en Chine”.

XIIIe siècle : les Mongols
Au cours du XIIIe siècle, l’empire Mongol de Gengis Khan s’étend. Pour éviter de se faire envahir, les dirigeants bouddhistes du Tibet promettent aux Mongols loyauté politique, bénédiction, et enseignement religieux. Les relations qui suivent sont cordiales. Les Mongols n’ont jamais influencé l’administration tibétaine, et n’ont jamais uni le Tibet à la Chine, qui faisait à l’époque partie de leur vaste empire.

Mandchous et Anglais
Aux XVIe et XVIIe siècles, le Dalaï-Lama noue des relations d’enseignement avec certains dignitaires Mandchous. Ce qui permet à quelques empereurs Mandchous d’exercer une certaine influence sur le gouvernement tibétain au XVIIIe siècle, notamment dans les affaires extérieures. Mais le Tibet ne fut jamais annexé à l’empire Mandchou, et conserva un gouvernement majoritairement autonome. Puis, en 1904, les Britanniques envahirent Lhassa durant une courte période, et signèrent la “Convention de Lhassa” avec le gouvernement tibétain. La Chine continua régulièrement à revendiquer sa suzeraineté sur le Tibet, et envahit le pays en 1910. Mais, après la révolution chinoise de 1911, l’armée se rendit aux Tibétains, et le Dalaï-Lama affirma de nouveau la complète indépendance du Tibet. De 1911 à 1950, le Tibet mena ses affaires intérieures, et développa des relations diplomatiques avec les pays voisins, qui le traitèrent de la même façon que n’importe quel autre Etat.

L’invasion du Tibet

Après la seconde guerre mondiale, le gouvernement communiste de Mao Zedong clame qu’il faut libérer le Tibet, “pays archaïque”. En 1949, l’Armée Populaire Chinoise de Libération pénètre pour la première fois au Tibet. Malgré les appels diplomatiques du Tibet, le monde a bien d’autres préoccupations... Les soldats chinois viennent facilement à bout de la petite armée tibétaine, et occupent la moitié du pays. En 1951, le gouvernement tibétain signe de force un “Accord en dix-sept points pour la libération pacifique du Tibet”, reconnaissant que le Tibet a toujours fait partie de la Chine. Le Dalaï-Lama reniera ce traité dès que possible, au début de son exil. Depuis, le gouvernement chinois a mis en place une forte répression afin de contrer la résistance : écrasement de la culture, persécution religieuse, stérilisation des femmes... En 50 ans, 1,2 millions de Tibétains (plus d’un sixième de la population !) sont morts des suites de l’occupation. Morts au combat, morts de la famine, morts en prison, exécutés, torturés, ou suicidés, les causes sont multiples...




Pékin reprend le contrôle des zones de protestation tibétaines

Par Christopher Bodeen

PEKIN - L'armée et la police chinoises semblaient avoir resserré leur contrôle sur les foyers de protestation tibétains mercredi, tandis que Pékin confirmait son intention de faire passer la flamme olympique par le Mont Everest, en pleine polémique sur un éventuel boycott des JO.

Des témoignages concordants suggèrent que les autorités chinoises reprennent peu à peu le contrôle au Tibet et dans les provinces voisines, où vivent plus de la moitié des 5,4 millions de Tibétains du pays. De ville en ville, les forces de l'ordre, avec l'aide d'importants renforts, isolent les communautés, multiplient les contrôles d'identité et installent des barrages pour empêcher les Tibétains de partir et les journalistes de s'approcher.

A Lhassa, quadrillée par les forces de sécurité, la situation restait calme mercredi mais dans d'autres régions, les manifestations se poursuivaient. A Hezuo, dans la province du Gansu, des centaines de personnes ont brûlé le drapeau chinois et brandi l'emblème du Tibet indépendant aux cris de "Tibet libre" mardi. A Aba, dans la province du Sichuan, voisine du Tibet, les habitants ont reçu l'ordre de rester chez eux après un rassemblement en ville mardi.

La répression des manifestations tibétaines contre l'autorité chinoise a déjà fait au moins 80 morts, selon le gouvernement tibétain en exil. Pékin a annoncé pour sa part 16 morts et 325 blessés, ainsi que 300 bâtiments incendiés. Lancé dans le calme par des moines bouddhistes le 10 mars, à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement de 1959 contre le régime communiste, le mouvement a pris une tournure plus violente à partir de vendredi.

D'après l'agence de presse gouvernementale Chine Nouvelle, 170 manifestants tibétains de Lhassa et des aventures se seraient présentés spontanément à la police chinoise, le régime ayant promis la clémence aux manifestants repentis.

Malgré le malaise suscité à l'étranger par cette répression, Pékin a confirmé, par la voix de Jiang Xiaoyu, vice-président du comité d'organisation des JO, sa volonté de faire passer la flamme olympique par le Tibet et l'Everest, comme prévu. A cinq mois de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, les événements ont déclenché des débats sur l'éventualité de boycotter la cérémonie d'ouverture le 8 août.

Néanmoins, et après l'avoir durement critiqué mardi, le Premier ministre chinois a laissé entendre qu'il serait prêt à discuter avec le dalaï lama. Selon le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui s'est entretenu avec Wen Jiabao par téléphone, "le Premier ministre a dit que, si le dalaï lama respectait deux choses qu'il a déjà affirmées, à savoir qu'il ne soutient pas l'indépendance totale du Tibet et qu'il renonce à la violence, il était prêt à entamer un dialogue avec le dalaï lama".

Cela n'a pas empêché le chef spirituel des Tibétains d'être de nouveau la cible d'attaques féroces. Le chef du Parti communiste du Tibet s'en est pris vivement au prix Nobel de la paix, affirmant que "le dalaï est un loup en robe de moine, un diable au visage humain mais au coeur de bête!". "Nous sommes maintenant engagés dans une féroce bataille (...) avec la clique du dalaï, une bataille à mort entre nous et l'ennemi", a lancé Zhang Qingli.

Le ministère des Affaires étrangères chinois a précisé par la suite que les déclarations rapportées par Gordon Brown ne prouvaient aucun changement dans la politique de Pékin à l'égard du dalaï lama. La Chine est prête à dialoguer avec lui s'il renonce à l'indépendance et reconnaît que le Tibet et Taïwan font partie de la Chine, a-t-il été rappelé. Or, les violences des derniers jours à Lhassa prouvent qu'il n'a pas suffisamment renoncé à l'indépendance, arguent des responsables du Parti communiste.

Depuis Dharamsala, où est installé le gouvernement tibétain en exil, le dalaï lama a demandé pour sa part aux organisateurs d'une marche de protestation contre la tutelle chinoise sur le Tibet de renoncer. Partis d'Inde, les participants devaient se rendre à Lhassa, mais le dalaï lama a dit redouter des heurts avec les forces chinoises à la frontière. Les organisateurs de la marche se sont refusés à tout commentaire dans l'immédiat et ont promis de communiquer leur décision prochainement.

Le dalaï lama avait déjà lancé un appel au calme la veille, avant de menacer de démissionner de son poste de chef du gouvernement en exil si les violences dans la région échappaient à tout contrôle. Il avait aussi laissé entendre que Pékin, pour le discréditer, pourrait être impliqué dans la détérioration de la situation.

1 commentaire:

Stephane a dit…

Tibet et Spiritualité : Patrimoine de l’Humanité menacé par la Chine.

Le gouvernement chinois a comme ennemi toutes formes de religion et de spiritualité, donc toutes formes de liberté de l’esprit, car cette liberté menace leur pouvoir, leur puissance et leur domination. En détruisant cette spiritualité millénaire, ce patrimoine mondial, le gouvernement chinois s’attaque au désir fondamental de chaque être humain de s’élever spirituellement, pas seulement le peuple tibétain, et se pauvre peuple chinois, mais également à nous aussi peuple occidentaux.

La destruction massive des monastères tibétains (plus de 6000), mais aussi des églises catholiques et des mosquées musulmanes, les meutres de milliers de moines, de nonnes et de laics, et cette politique de détruire la culture tibétaine et son peuple de nombreuses manières (plus de 1 200 000 de tibétains sont morts de cette répression en plus des milliers de disparus dans les prisons chinoises) ont pour éléments déclencheurs le plateau tibétain, position militairement stratégique, ainsi qu’une abondance en ressources naturelles qui sont exploitées au point de rendre le Tibet aride et stérile, mais également cette anecdote suivante :

” Lama Tsong Khapa, Lobsang Drakpa, un moine très important du Tibet au 13 ième siècle, et qui marqua profondémment le Tibet de l’époque, jusqu’à aujourd’hui, était une émanation du Bouddha de la Compassion (Avalokiteshvara), du Bouddha de la Sagesse (Manjoushri) et du Bouddha Vajrapani. Il a écrit de nombreux écrits sacrés (Lamrim) et il est vénéré par tous les tibétains et bouddhistes pour ses hautes réalisations spirituelles. Or, Lama Tsong Khapa, à sa mort, décida de ne pas faire disparaître son corps et de la garder ici bas, pour aider à la motivation spirituelle de tous. Une fois mort, son corps fut conservé au monastère Ganden Jangtse, tout près de Lhassa, la capitale du Tibet. Son corps fut laissé coucher sur une table banale sans protection, à l’air libre, il resta beau et jeune jusqu’en 1959. Seulement un entretien minimum était nécessaire, comme couper les cheveux et les ongles (phénomène que l’on retrouve encore chez d’autres moines actuellement).

Puis avant les massacres des moines et la destruction totale des monastères en 1959, une délégation militaire chinoise visita le monastère de Ganden et découvrit le corps de Tsong Khapa tout jeune et très bien conservé, comme s’il dormait tout simplement. Les militaires chinois furent stupéfaits et déclarèrent la guerre à la spiritualité comme ennemi du parti communiste chinois et comme menace de la Mère Patrie, et le Tibet fut bombardé sans relache, et le Dalai-Lama fût soudainement en danger. Le corps de Lama tsong Khapa fut détruit et brûlé. Cette histoire est vraie, et il y en a beaucoup d’autres.

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