dimanche 6 janvier 2008

MUNICIPALES : UN ENJEU NATIONAL

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Les municipales, un test déterminant pour Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - Passé l'acte I de la rupture, un premier test politique attend Nicolas Sarkozy en 2008 moins d'un an après son élection : les municipales.

Ce scrutin pourrait déterminer le rythme des réformes ainsi que le scénario de la deuxième phase d'ouverture voulue par le chef de l'Etat.

Après une première charge réformiste, marquée par le succès de l'exécutif sur les régimes spéciaux de retraite, le président de la République ne cache pas sa volonté d'"accélérer" à la faveur d'"une année dure et exigeante", mais la perspective quasi-certaine d'un reflux de la droite aux municipales des 9 et 16 mars pourrait l'amener à retoucher son échéancier.

D'autant que Nicolas Sarkozy compte politiser ces scrutins locaux en s'investissant au premier chef dans la campagne. Une dizaine de ministres et secrétaires d'Etat iront à la bataille.

La majorité sait qu'elle ne pourra rééditer les scores historiques de 2001, lorsque la droite RPR-UDF avait conquis 35 villes de plus de 30.000 habitants. Un combat difficile l'attend notamment à Paris et Lyon, mais elle veut croire que le spectre des régionales 2004, fatales à la droite, ne resurgira pas.

Une option serait de reporter à l'après-municipales la mise en oeuvre des grandes réformes de 2008, comme les éléments de calendrier livrés par l'Elysée et Matignon le laissent entendre : la modernisation du marché du travail attendra l'été, la réforme des institutions est prudemment repoussée, et le flou demeure sur le "rendez-vous" de 2008 pour la refonte du régime général des retraites.

Quand bien même François Fillon, l'aiguillon réformiste, juge essentiel de ne pas relâcher le tempo, les indicateurs de popularité invitent l'exécutif à la pondération.

Moins d'un Français sur deux (48%) fait confiance à Nicolas Sarkozy pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays, soit une chute de sept points pour le chef de l'Etat, selon un sondage CSA pour i-télé et Le Parisien-Aujourd'hui en France réalisé les 2 et 3 janvier.

Fin décembre, sa politique économique était jugée "mauvaise" par un Français sur deux. Le baromètre mensuel de BVA relevait alors une baisse de 26 points de l'indice de popularité en l'espace d'un trimestre.

DÉSARMER L'OPPOSITION

La stratégie de l'ouverture paraît aussi en quête d'un second souffle, les sympathisants de gauche rejetant désormais massivement (79% des électeurs de Ségolène Royal) la politique de Nicolas Sarkozy. Et le clivage droite-gauche, brouillé par les débauchages sarkoziens dans les rangs socialistes, renaît, selon les analystes.

Un phénomène attendu qui confirme pour Nicolas Sarkozy, s'il en était besoin, la nécessité de persévérer dans l'ouverture.

Lors de ses voeux du 31 décembre, le chef de l'Etat a dit aborder la deuxième année de son quinquennat avec le même "esprit d'ouverture".

Dès le 13 décembre, dans Le Nouvel Observateur, il affirmait son intention de poursuivre l'ouverture "plus que jamais et pas seulement à gauche". "Je chercherai de nouveaux talents".

Une manière de désarmer un peu plus une opposition en pilotage automatique - le MoDem de François Bayrou compris - mais aussi d'imposer aux ministres les vertus supposées d'une mission sous tension. L'annonce d'une évaluation des membres du gouvernement ajoute au conditionnement.

L'ouverture, qui continue d'irriter à l'UMP, devrait d'abord s'éprouver à la faveur des municipales pour lesquelles le parti majoritaire a déjà enrôlé quelque 500 transfuges.

Elle s'approfondirait lors d'un remaniement gouvernemental que l'Elysée a pu un temps envisager avant les municipales, afin de contrecarrer le PS, mais qu'on prédit désormais en coulisses pour l'après-scrutin.

Nicolas Sarkozy ambitionnerait d'ébranler un peu plus les rangs socialistes avec une nouvelle prise de guerre emblématique - Jack Lang, Claude Allègre, Jacques Attali ? Voire Julien Dray ou Manuel Valls ?

L'arlésienne de l'année 2008 aiguise les rumeurs médiatiques.

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